Pourquoi je n’aime pas les livres électronique…

Photo de livre électronique
Livre électronique par ceslava http://www.flickr.com/photos/ceslava/

Le livre électronique est la dernière nouveauté à la mode depuis quelques temps. Celle que les marketeux de tout poil (Steve Jobs le premier) essaye de nous vendre en prétendant que ça va changer votre vie alors que ça sert surtout pour l’instant à leur remplir le portefeuille.

Mais en ce qui me concerne même après avoir mis de coté mon allergie a toutes les formes de discours markéting je reste très sceptique sur l’intérêt de la chose.  Si on creuse un peu je trouve qu’en termes d’utilisabilité 1  ces gadgets sont loin d’être enthousiasmant.

La guerre des formats et les DRM.

Et c’est reparti comme en 40 à chaque nouveauté on recommence avec la sempiternelle guerre de formats et brevets. Et pour ne pas faciliter les chose les éditeurs n’ont visiblement rien compris au plantage actuel des maisons de disques et continuent de penser en termes de plates-formes fermées et propriétaire. Même s’il semblerait, aux dernières nouvelles, qu’ils aient commencé à comprendre que les DRM ça ne marche pas ils n’ont pas encore fait tout le chemin intellectuel nécessaire. Que l’on ait forcé les utilisateurs d’ordinateurs à jongler avec ces histoires de formats de fichier incompatible entre eux depuis 20 ans n’est pas une excuse pour continuer surtout sur un produit que l’on destine au grand public.

C’est bien la preuve que pour les éditeurs de logiciel l’intérêt des utilisateurs est le cadet de leur soucis. Le logiciel libre a la possibilité de changer cet aspect mais lui aussi a besoin de changer certaines façon de faire pour réellement satisfaire cet objectif. Si je ne peux pas lire le livre que je veux quand je le veux quelque soit la machine sur laquelle je le lis et quelque soit le magasin ou je l’ai acheté ces livres électronique resteront au placard (enfin j’espère).

Plates-formes de distribution intégré et utilisateur captif.

On va jouer à un petit jeu, Imaginons qu’il y a quelques années vous ayez acheté un lecteur de DVD à la FNAC auriez vous trouvé normal que suite a cet achat les seuls DVD que vous puissiez lire soient ceux que vous achetez à la Fnac? Non bien sur. Dans ce cas pourquoi vous trouvez ça normal quand il s’agit du dernier iTruc sorti? Et sur le marché du livre électronique le cas du Kindle est identique. Faut pas rêver si on nous balance du wifi sur ces appareils c’est bien pour que vous puissiez avoir accès au magasin maison et pas autre chose.

Qu’elles soient dorées ou pas des menottes restent des menottes et même si c’est rigolo, si elles font « pouët » quand on appuie dessus elles servent toujours à enfermer les clients.

Un format figé limitant les capacités de création.

Parmi tout les livres que je lis beaucoup sont dans des formats (physique) différent. Mon journal à une certaine taille , les romans une autre ainsi que les livres d’informatique etc etc… Cette diversité de format n’est pas là pour rien. Si ce sont ceux la qui se sont imposé au fil du temps c’est qu’ils correspondent à des besoins et des usages différents. La BD a besoin d’un minimum de place pour s’exprimer, le livre de poche doit être le moins couteux possible, le livre informatique doit être suffisamment grand pour pouvoir placer des copies d’écrans etc etc. Chacun correspond à un ensemble de besoin et d’usages différents pour les différents intervenants que sont les auteurs, l’éditeur et au final le lecteur.

Mais avec le livre électronique le mécanisme est totalement différent. Vous avez un format physique qui vous est imposé quelque soit le contenu et son usage par un fabriquant extérieur sans aucun lien avec les métier de l’édition ou de la publication. C’est à mon sens une énorme régression. Non seulement pour le lecteur qui devra se débrouiller pour lire un contenu dans un format qui ne lui est pas adapté (vous vous imaginez lire une BD sur un écran de 5″ ? ) mais aussi surtout pour les auteurs qui se verront imposer par les éditeurs des formats d’écriture bien précis bonjour la liberté de création. C’est exactement ce qui s’est passé avec la création musicale où ces « lecteurs universels » que sont les radios ont imposé un format unique à l’origine de la soupe musicale inodore, incolore et sans saveur qui nous est servi quotidiennement. Les pressions commerciales font déjà suffisamment de ravages comme cela il n’est pas nécessaire d’en rajouter une supplémentaire.

Et le libre dans tout ça?

Évidemment le monde du libre a aussi investit ce secteur (notamment grâce à in libro véritas) et propose une alternative potentiellement intéressante. Mais malheureusement ça ne règle pas tout. Même si les formats sont ouverts ils n’en restent pas moins multiples. Rien ne garantit que le nouveau format top moumoute super high-tech de la mort qui tue qui sortira de dans 2 ans sera supporté (d’autant plus si c’est un format propriétaire blindé de brevet qui s’impose) . Et il restera toujours le problème du manque de compatibilité potentiel avec d’autres lecteurs notamment les propriétaires. En fait que ce soit le libre ou le propriétaire il faut obligatoirement que l’un s’impose au détriment de l’autre pour que l’utilisateur retrouve une supposé interopérabilité. Et à mon sens ce n’est pas une bonne solution. Et pour les auteurs  la problématique de la soumission du contenu au format physique existera toujours, ce qui est à mon avis le plus intolérable dans ce système.

Conclusion

Au final on se retrouve avec des appareils avec lesquels il va falloir se prendre la tête pour les faire fonctionner qui ne serviront qu’a nous ligoter à des grosses société pour diffuser le contenu qu’elles voudront bien et qui empêcheront au passage les auteurs d’écrire comme ils le veulent…

Vu comme ça c’est tout de suite moins attirant non?


  1. ben oui Tristan Nitot a inventé bidouillabilité moi j’invente utilisabilité